Expos parisiennes janvier 2019

Un court séjour dans la capitale française et quelques expos pour entamer l’an neuf 2019 en culturieuse!

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Visuel bandeau : Michelangelo Merisi, dit Caravage, Le Jeune Saint Jean-Baptiste au bélier – © Roma, Sovrintendenza Capitolina ai Beni Culturali

Le premier de l’an est férié, nous sommes allés dans le seul ouvert, le musée Jacquemart-André, qui propose une exposition sur Le Caravage (1571-1610) entouré de ses contemporains, amis ou ennemis, lors de sa résidence à Rome. Pour la première fois à Paris, dix oeuvres du Maître y sont présentées, dont « Le Luthier », prêté par L’Hermitage de Saint-Petersbourg. L’expo se termine le 28 janvier 2019.

Au delà de l’oeuvre époustouflante de ce fougueux maître du clair-obscur, je me suis demandé comment il était possible d’éditer une affiche si différente de l’original. A tel point point que j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’un autre tableau.

Sa période romaine (1592-1606) est celle de son grand succès, mais aussi la fin de sa carrière puisqu’il sera condamné à l’exil suite à une sombre histoire d’assassinat et mourra en 1610 sans avoir pu regagner Rome. Grâce à des mentors et commanditaires, son style comme sa réputation deviennent phénoménaux.

Le Caravage, « Le souper à Emaüs », 1606 (2e version)

A voir aussi dans cette exposition un tableau d’Artemisia Gentileschi, fille d’Orazio.

Jusqu’au 27 janvier 2019, au musée du Jeu de Paume, exposition des œuvres majeures de la photographe américaine Dorothea Lange (1895-1966) en cinq chapitres. Sa pratique archivistique a permis une meilleure connaissance de périodes critiques aux Etats-Unis, comme la Grande Dépression durant les années trente ou les américains d’origine japonaises internés durant la seconde guerre mondiale (non publiées jusqu’en 2006). Dorothea Lange ne se contente pas de documents photographiques, elle prend des notes sur les personnes et leur situation. Un regard intense aussi esthétique qu’informatif.

Dorothea Lange, une autre mère migrante.

Toujours au Jeu de Paume, les films d’Ana Mendieta (1948-1985), entre land art, body art et performance. Vingt films de cette artiste cubano-américaine novatrice sont présenté magnifiquement dans les salles supérieures. Ana Mendieta (qui a produit aussi dessins, installations, performances, photographies et sculptures) utilise son corps et la nature pour des rituels poétiques et surprenants évoquant autant la naissance que la mort. Lire ici la chronique de Lunettes rouges.

Ana Mendieta, Imágen de Yágul 1973/2018, Photographie. © The Estate of Ana Mendieta Collection, LLC. Courtesy Galerie Lelong & Co.

A la Fondation Vuitton, Egon Schiele (1890-1918)jusqu’au 14.01 et Jean-Michel Basquiat (1960-1988) jusqu’au 21.01, deux expositions à forte fréquentation. Mais qu’ont-ils en commun ces deux-là? Chacun à son époque a rompu avec un certain académisme et innové par son langage pictural, leurs figures humaines sont représentées dans une corporalité brute, le sentiment du tragique est palpable dans leur travail et ils ont tous deux disparu à l’âge de 28 ans. Aussi différentes soient-elles, leurs oeuvres prolifiques restent universellement poignantes.

A la Monnaie de Paris, c’est la première monographie en France du britannique Grayson Perry (1960) que je tenais à voir. Des oeuvres en céramique, métal, tapisseries et gravures qui, dans un style dessiné narratif, expriment l’actualité de thèmes tels que l’identité, le genre, la classe sociale, la religion et la sexualité. Il s’attaque au stéréotypes de la masculinité, aussi destructeurs que ceux de la féminité et suggère des alternatives. Cet anticonformiste produit un art plaqué sur des supports classiques en relatant un credo en forme de critique sociale grinçante. Esthétique, très soigné et contestataire! Le dossier Livret d’exposition Grayson Perry | pdf, composé à partir des paroles de l’artiste, vaut la peine d’être consulté.

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Pour finir, au Palais de Tokyo, l’exposition (terminée) de Tomàs Saraceno, ON AIR. A vrai dire, je me suis crue plutôt à la Villette pour une exposition scientifique. De belles mises en scène de toiles d’araignées, des procédés de dessins ou de sons actionnés par l’air ambiant, des soies d’araignées encrées sur toiles, un manifeste sur le concept d’aérocène, une salle où l’on entre dans un algorythme (?), beaucoup de bons sentiments écologiques et une somme énorme de cartels à lire. Lire ici la chronique du blog Osskoor. Finalement, bof…et quel monde! Le genre d’expo ludique (quoique…) pour faire passer la pilule supposée amère du terme « art contemporain »?

TOUS MES VOEUX CULTURIEUX POUR L’AN (DIX) NEUF A CELLEUX QUI LE LIRONT!

7 réflexions sur “Expos parisiennes janvier 2019

  1. C' »est vraie que les vidéos de Mendieta sont impressionnantes – mais j’ai largement préféré l’expo de D. Lange…. Je ne vais plus au JMA – je trouve que les expo’ là bas font le buzz mais sont toujours « plus petits » (ou moins alléchantes) que ce qu’on s’imagine… pas assez de place de plus….

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    1. Bonne année à vous aussi! A Paris, nous avons testé 3 restaurants véganes, le Soya, aujourd’hui demain ( concept store) et une minuscule pizzeria, le Veg’Art. Que des bonnes surprises! Hélas pas de place au Gentle gourmet…

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