Expos parisiennes janvier 2018

Un éclairage succinct sur quelques plaisirs rétiniens actuels…

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Le Centre Pompidou présente une rétrospective du travail impressionnant de César qui a ouvert le champ des possibles à la sculpture moderne. Né en 1921 dans un quartier pauvre de Marseille, il entre en 1943 aux Beaux-Arts de Paris. Disposant de peu de moyen pour se procurer de la pierre à sculpter, avide de nouveaux médias, César Baldaccini se tourne vers les déchets industriels. Il débute sa carrière avec les Fers soudés, des figures animales, puis plus abstraites. Il réalise ensuite les Compressions exécutées à l’aide de presses hydrauliques. Suivront les Empreintes humaines, les Expansions et les Enveloppages.

Un bel espace ouvert, à l’intérieur duquel les oeuvres de César expriment individuellement leur propre énergie. La rigidité du fer, les formes molles, les sculptures figuratives aussi bien que celles, écrasées, des compressions sont les facettes si différentes, mais aussi si cohérentes, de cet audacieux artiste explorateur, en perpétuelle expérimentation.

César, « Victoire de Villetaneuse », 1965

Toujours à Beaubourg, le parcours de André Derain (1880-1954) ressemble à une quête dirigée vers les origines même de l’art. Il fait partie de ceux qui seront exposés au fameux Salon d’Automne de 1905, l’un des pionniers du fauvisme. Ami de Maurice de Vlaminck et de Henri Matisse, il côtoie tout au long de sa vie les grands artistes français, tout en gardant son propre rapport au réalisme et son attachement à un certain classicisme.

André Derain, « Les baigneuses », 1907.

Derain sera une célèbre figure des années folles, on le dit même « plus grand peintre français vivant », sa cote est alors extrêmement haute. Ce sont plutôt ses aquarelles qui m’ont séduites.

André Derain, « La Musique », 1904-05, aquarelle et crayon sur papier, Artvera’s Gallery, Genève.

Et aussi ses illustrations et gravures sur bois. Cette Décennie radicale 1904-1914 est une approche de l’oeuvre intéressante.

Plus tard, Derain sera une célèbre figure des années folles, on le cite même à l’époque comme étant le « plus grand peintre français vivant », sa cote est alors extrêmement haute.

C’est « un inventeur, un découvreur, un de ces esprits perpétuellement curieux et qui ne savent pas tirer parti de leurs inventions » comme l’écrit la commissaire de l’exposition, Cécile Debray,

« Derain a toujours cru fermement au message artistique vierge de toute explication méthodique et aujourd’hui encore appartient au petit groupe d’artistes qui vivent leur art »Marcel Duchamp

Le prix Marcel Duchamp 2017 revient à Joana Hadjithomas et Khalil Joreige. Leur travail met à jour des carottages effectués dans les sous-sols des villes de Paris, Beyrouth et Athènes. Des prélèvements resculptés qui donnent à voir les vestiges et transformations invisibles des cités et des mondes souterrains.

Une présentation d’une esthétique inattendue qui rend l’oeuvre majestueuse, qui interroge le regardeur sur la question de l’Anthropocène et ce que peut nous apprendre le passé sur notre présent.

Vue de la salle d’exposition

Au Grand Palais, le photographe Irving Penn est surtout connu pour avoir travaillé plus de soixante ans pour le magazine Vogue (dès 1943). Ce n’est pourtant qu’un des aspects de son travail et cette exposition, fort bien accompagnée d’un simple dépliant explicatif, le démontre avec efficacité.

Rideau de fond et appareil photo. Irving Penn transporte ce rideau durant 50 ans de studio en studio. Il en fait une composante de son travail.

Les recherches de ce photographe mythique sont étonnantes: Natures mortes, nus, portraits existentiels ou classiques, portraits d’habitants des Andes, la série émouvante des petits métiers ou celle ahurissante des mégots du caniveau!

A la Monnaie de Paris, une exposition intitulée Women House explore la proximité du genre féminin avec l’espace domestique. Délicate opération qui pose la question d’une possible créativité induite dans l’emprisonnement ménager des femmes des années 70…

Une piqûre de rappel pour les jeunes est toujours de bon aloi. Dommage que la plupart des oeuvres ne soient pas plus enthousiasmantes. A part une vidéo ou deux, les belles et évocatrices photos d’Helena Almeida, celles de Francesca Woodman, toujours saisissantes, et la découverte de Heidi Büchli, pas de surprise pour une vieille briscarde d’expos féministes.

Une sélection de 200 oeuvres de la collection du MoMA présentées à la Fondation Vuitton, c’est une occasion de voir de plus près quelques belles pièces. Créé en 1929, le musée de New York offre ici une traversée des grandes lignes de l’art moderne et contemporain en quelques étapes.

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Ci-dessus mon choix subjectif… Le plaisir d’observer ces oeuvres de près s’allie à la frustration d’une variété qui limite l’approfondissement de l’oeuvre de l’artiste. C’est l’inconvénient de ce genre de collection, de fait éblouissante. A noter que les cartels accompagnant les oeuvres sont formulés avec beaucoup de simplicité et de clarté. C’est donc un accrochage à  recommander dans le cadre d’une découverte de l’art du XXe siècle.

J’en profite, chers culturieux et culturieuses, pour vous remercier de votre visite et vous faire parvenir mes meilleurs voeux pour 2018 !

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4 réflexions sur “Expos parisiennes janvier 2018

  1. A reblogué ceci sur Coquecigrues et ima-nu-ageset a ajouté:
    Je suis actuellement bien pris par le travail (donc peu de temps pour les lectures et autres réjouissances) – je profite donc de ce bel article de la culturieuse pour voyager un peu dans l’Art et de partager sa vue souvent en unisson avec le mien….

    1. Celle de César m’a enthousiasmé, j’aurais voulu voir Camille Henrot au PalTok et Sophie Calle à la chasse et nature, mais entre la famille à voir, la grippe à endiguer et les autres désirs, difficile d’être opérationnelle. Happy new year!

  2. Excellente année chère Culturieuse et continue de nous régaler encore longtemps de tes périples dans l’art. Je vais aller voir quelques unes de ces expos, ton article à la main 😉

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