La Fabrica du Festival d’Avignon, vu le 14 juillet 2026
4 & 5 septembre 2026 au Festival de La Bâtie, et 26 au 27 novembre 2026 au Pavillon ADC, Genève (Suisse)
A noter: des gilets vibrants sont mis à disposition du public sourd etr malentendant lors de l’une des représentations.
J’aime la danse qui me raconte une histoire!
Le public s’installe sur des gradins face à la scène. Un long podium rectangulaire trône au centre du plateau. Il accueillera les quatorze danseur.euses, apparaissant par couples, lesquel.les , assis sur le bord, discutent d’un côté ou de l’autre de cette estrade. Iels sont habillés comme à la ville, tout simplement. Chaussures de sport tout de même.
Durant la Grande dépression états-unienne des années 1920-30 avaient lieu des marathons de danse. On se souvient du film très noir de Sydney Pollack, « On achève bien les chevaux« , où des couples accablés par la misère tente de tenir coûte que coûte pour gagner une prime, mettant en jeu leur survie devant un public avide et cruel. La chorégraphe dit s’en être inspiré. Ce n’est pourtant pas du tout cette ambiance délètère qui ressort de sa pièce, même si les émotions jouées par les danseur.euses passent par toutes les variations possibles.

Aligné.es sur la plateforme, ce sont d’abord des frémissements qui les animent. Puis des groupes aussi bien que des couples se forment. Sur le podium, iels se meuvent chacun.e à sa façon ou à l’identique d’un.e partenaire. Par petites secousses ou courses échevelées. Sur place, seul.es ou ensembles. Iels envahissent ensuite l’espace autour. Une sorte de chaos s’installe, pourtant très organisé. Des postures et gestuelles communes apparaissent ça et là. Iels débordent en énergie et en espace. Se portant, se tirant, se hissant. Se tenant, se poursuivant, s’aidant. Harmonieux ou désaccordés, les corps et les visages parlent, expriment l’amour, la colère, l’épuisement, la joie ou le chagrin. Formant un couple, puis se séparant, jouant avec le groupe, en trios, rarement solitaires. Une dynamique contagieuse, agissante, qui nous entraînerait à sa suite…si nous avions leur endurance.
Au son des boucles samples et des mixages, ou encore au ralentis sur des sonorités de battements de coeur.
On se prend à suivre un couple, on est interrompu par le passage d’un groupe, on aimerait les voir toustes, on réalise que c’est impossible. Les rencontres sont passionnelles ou amicales, elles se délitent ou se partagent. Des liens se créent entre eux, mais également avec le public. La globalité aussi est belle et puissante. Seule sur l’estrade, une danseuse est applaudie par les autres après sa prestation: Iels occupent le rôle d’un second public. Iels se déversent tel.les un torrent humain, sautant par-dessus l’obstacle. Des chevaux fous, increvables! La musique pulse les corps, invite au mouvement, à des cavalcades, percussions et tempo en boucles. C’est la vie affective en lecture rapide, les relations humaines en accéléré.
Absolument jubilatoire pour moi, je reverrais cette pièce dansée avec un immense plaisir.

Avec Iris Auguste Ihsaan de Banya Adrian Bartczak Brecht Bovijn Noam Eidelman Shatil Mai Lisa Guinoo Nuria Guiu Sagarra Ola Korniejenko Nadege Kubwayo Dawid Lorenc Ole Martin Meland Aslak Aune Nygard Gaspard Schmitt Olha Mykolayivna Stetsyuk Direction artistique Annabelle Bonnery Concept et choregraphie Katerina Andreou Assistant artistique Costas Kekis Conception sonore Katerina Andreou Cristian Sotomayor Musique Cristian Sotomayor Lumiere Yannick Fouassier Costumes Indrani Balgobin
