Royal Academy Summer exhibition

Du 17 juin au 17 août 2026

Depuis 1769, chaque année, se tient l’exposition d’été de la Royal Academy of Arts à Londres.

Sur inscription et moyennant des frais d’inscription d’une quarantaine de livres, chaque artiste du royaume Unis et d’ailleurs peut présenter deux oeuvres qui seront sélectionnées ou non par un comité d’académiciens, qui veillent à une diversité maximale. De plus chacun des artistes de l’Académie peut présenter jusqu’à six de ses propres oeuvres. Quasiment toutes les oeuvres sont à vendre. Des prix sont également distribués. On y voit peintures, sculptures, impressions, dessins et maquettes architecturales d’artistes émergents et établis. Par prix ou par catégorie artistique, il est possible de parcourir certaines oeuvres ICI. 30 % des recettes sont consacrées au soutien des écoles d’art de l’Académie.

Je ne savais pas trop ce que j’allais y trouver lorsque j’ai pris mon ticket d’entrée. J’étais simplement curieuse pensant que je verrais des extraits d’expositions passées, des oeuvres faisant partie du patrimoine de la RA. La cour d’entrée était ornée d’un arc en ciel signé Ugo Rondinone du meilleur effet et la chaleur caniculaire incitait à entrer se mettre au frais. « The song is you » est le dix-septième poème arc-en-ciel de l’artiste suisse.

L’étrange accrochage établit dans les sept immenses et hautes salles/galeries du bâtiment de Burlington House a de quoi surprendre. Ne sachant rien du concept de l’exposition, je me suis d’abord crue dans une brocante. Les cimaises sont couvertes de tableaux de tous les formats.

L’impression de tout voir est proche de celle de ne rien voir du tout. Pas facile de choisir dans ce fatras, pardon du mot. Au premier abord, ce débordement me submerge. Un tour d’horizon ne me rassure pas: il semble que toutes les salles sont dans le même état de déferlement, une exubérance plutôt étouffante modérée cependant par la hauteur de la vaste salle. Voici mes premières photos.

Livret d’exposition à la main, je m’amuse à tenter de deviner le genre de l’auteurice, ou le prix de l’oeuvre exposée (de 150 £ à plusieurs milliers de £). Enfin, je réalise que quelques grands noms côtoient des amateurs ou des artistes peu ou mal connus. Les Académicien.nes et Académicien.nes Honorifiques sont présent.es parmi les autres sans marque particulière, outre le prix de leurs oeuvres mentionné dans le livret. Ainsi, une tapisserie de Grayson Perry RA, « Behold Humanity », vaut ici 75000 £. Ce qui n’est pas si cher au vu de l’artiste, de sa notoriété, de la documentation qui est produite sur son travail et de l’originalité de son art polymorphe (sans même parler des thèmes importants qu’il transporte).

Dame Tracey Emin RA (=Royal Académicienne) est elle aussi représentée. Une toile grand format (sans prix) et deux acryliques sur lithographie à 50000 £. Son trait aussi violent que poignant, son écriture répétant inlassablement sa souffrance, sa peinture qui heurte, saigne et pleure et cogne et peut-être rebute…

Dame Tracey Emin, There is an End to Everything
Baselitz HON RA, « The late Georg »

Et soudain, presque rassemblés, trois Anselm Kiefer HON RA (Marmorklippen), une photographie de Wolfgang Tillmans RA(Spinkled Window Cover, a), une coffee lift aquatint etching on phumani papier monté sur coton (!) intitulée « Family Portrait » de William Kentridge RA (édition de 20 à 42000 £). Cette salle III, dont l’accrochage est de Ryan Gander RA, qui a relié les galeries par une ligne blanche suivant la plinthe qu’il nomme « line of passivity ». Le thème de l’exposition étant « Interconnectedness ». Plusieurs artistes RA dans cette salle.

Bon, je trouve que Kiefer n’est pas spécialiste de la figure humaine et que Tillmans a photographié des choses plus pertinentes que ces vitres sales, mais j’adore le Kentridge!

Dans le lot d’une paroi presque recouverte, une oeuvre qui se distingue. « Blue Door », Suzanne Moxhais – « Reliquiengarten Staub », Johanna Love – « Woman in the RA Library », Guler Ales – « Adversity makes strange Bedfellows », Gregory Maiofis – « Parading the Stone », Mick Rooney RA – « Selfportrait as a Shed », Stephen Chambers RA-« Giant.After the fall(All that changes you. Metamorphosis) » et « Lilith’s Moon », Sir Isaac Julien RA

Et parmi les maquettes d’architecture, ce tas de cartons… dont je me demandais la signification…qui est en fait une oeuvre du grand artiste Anthony Gormley dont j’ai vu l’expo à la RA en 2019. « Hide » est la représentation d’une posture humaine, assis, les mains autour des genoux pliés. Un amas monstrueux dans la salle des maquettes, quelle super idée!

Des clins d’oeil… comme celui-ci « J’étais grand avant-je suis grand maintenant- je serai à nouveau grand- recycle-moi s’il te plaît »

Et puis je tombe sur cette petite salle et ces tableaux ophtalmiques de Ron Arad RA. Dont l’un s’intitule « Duchamp Eye Test »! Pas d’expo qui ne cite MD! l’optique a toujours intéressé l’anti- rétinien Marcel Duchamp, entre son petit verre (« à regarder (l’autre côté du verre) d’un oeil, de près, pendant presque une heure ») et les Témoins oculistes, la cheminée anaglyphe, les rotoreliefs et j’en passe.

Juste avant la sortie, ce sont leurs titres qui m’ont plus…

« The Witch » et « The Goddess » Paulina Olowska

Donc finalement une expo hors-normes intéressante à plus d’un titre. Dont je suis sortie dans la chaleur et la foule de Picadilly pour aller cogiter sur un transat hors de prix, mais à l’ombre, dans un yellow Greenpark saturé de soleil.

Ryan Gander RA, « Antique Mirror » reflétant une antique dilettante.

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