Jusqu’au 24 août 2026. Paris, Fondation Pinault – Bourse de Commerce
L’artiste Fujiko Nakaya expose une « sculpture de brouillard ». Et là, je me dis qu’on n’est pas loin de JR… J’ai vu de loin ce Pont-Neuf réemballé (mais pas à la japonaise…), mais n’y suis pas entrée.

Les 24 vitrines entourant le coeur du rez sont occupées par les oeuvres de Laura Lamiel (1943). Le dscriptif évoque une recherche portant sur la mémoire, les émotions, l’état intérieur. Tirée du livre « En attendant Godot, la citation “ça fait un bruit d’ailes, de feuilles, de sable” allie les installations à la poétique de l’absurde du roman de Beckett. Elle tente de donner forme à ce qui est évanescent. Joli projet qui, je l’avoue ne m’a pas touché outre mesure. Les vitrines d’Edith Dekyndt , en 2023, étaient subtiles et magnifiques, je m’aperçois que je n’y ai pas consacré de chronique! A revoir de toute urgence…
Une salle consacrée au projet de Sigmar Polke, Athanor, pour le pavillon allemand de la Biennale de Venise 1985 n’a pas eu plus de succès…


A l’étage, les peintures de Victor Man (1974) accrochées dans une salle obscur, ont soulevé un peu plus d’enthousiasme de ma part grâce au mystère et aux citations d’histoire de l’art qu’elles suggèrent. Une atmosphère un peu inquiétante sourd de ces tableaux sans âge qui ne semblent pas du tout contemporains. Un peu de surréalisme sur une touche de l’Ecole espagnole?
J’ai bien aimé revoir quelques oeuvres d’Yves Tanguy où le mystère est pleinement assumé. Des formes bizarres qui ne ressemblent à rien de connu, mais ne sont pourtant pas vraiment abstraites. Des paysages sortis d’une fiction ou d’une rêverie. Ces toiles d’avant-guerre qui pourraient être presque prémonitoires.




Elles allaient parfaitement avec cette sculpture, « Germination », de Pierre Huygues. Ce dernier ne m’avait pas convaincu à Venise il y a deux ans. Accolé aux paysages nus de Tanguy, il vient ,comme un écho en trois dimensions, abonder dans le sens d’un récit sans queue ni tête, mais matérialise une réalité imaginaire et contemplative.



Mais tout à coup retrouver les vidéos de Bill Viola récompense cette visite un peu morose. Ce sont deux oeuvres qui font partie du Tristan Project présenté à l’Opéra Bastille en 2005 et que j’ai eu la chance de voir lors de la représentation de l’opéraTristan et Isolde de Richard Wagner. C’est vraiment surtout pour ces vidéos que j’y étais allée. La vidéo de la personne dans le désert est un long et lent plan séquence sur une silhouette s’avançant vers nous dans une intense chaleur depuis le lointain et s’arrête sur le gros plan du tissu de sa robe bleue. Bill Viola (1951-2024) décrit la vidéo de feu et d’eau (extrait) comme « la vision d’un être sur le point de mourir » et le retour au monde primordial fait d’ondes et de lumière. Les deux sont axées sur ce même thème du passage d’un monde à l’autre, de la réalité matérielle à la spiritualité.
Et puis la surprise de quelques tableaux de Louis Soutter, ce peintre suisse, dont l’oeuvre se situe proche de l’art brut (puisqu’il a été enfermé près de 20 ans en asile psychiatrique). J’aime beaucoup les silhouettes en général. Les siennes sont fascinantes et celles-ci sont peintes avec ses doigts perclus d’arthrose.




Quelques vues de la suite de l’exposition, dont des accumulations scuptures de Danh Vò (1975) intrigantes. L’artiste, d’origine vietnamienne, a été recueilli au Danemark parmi ceux que l’on a appelé Boat People. Ses thèmes parlent de mémoires et d’héritages culturels mêlés, imbibés de déplacements et de dissociations. Pas inintéressants mais touffu.





J’0avais repéré le nom de la sculptrice brésilienne Maria Martins (1894-1973), un amour et modèle (en partie) de Marcel Duchamp. Sa sculpture datant de 1949 est intitulée en français Brouillard noir. C’est un mélange anthropomorphe d’oiseau, de poisson et de plante, un mélange de vivants qui me plaît infiniment. Elle s’est beaucoup inspirée des mythologies amazoniennes. Surréalisme et inconscient émaillent un travail empreint de symbolisme et non dénué de cruauté.


Dans la même salle, Germaine Richier (1902-1959) explore elle aussi une forme d’hybridation, de symbolisme, plutôt lié à l’anxiété ou même à la violence. Elle innove, hybride et laisse de côté l’académisme de ses professeurs. Tôt reconnue et estimée, la radicale originalité de son travail la projette dans les rares artistes femmes ayant bénéficié de succès international dans les années 1940-50.



Grosso modo, j’ai folâtré dans cette exposition… pour deux ou trois coups de coeurs.



















J’aime beaucoup le Dubuffet. Merci pour cette visite « claire » .
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Pas tellement enthousiaste de cette expo. J’en ai vu deux autres que j’ai adoré!
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