Corinne Kramer, galerie le Portail

Situé non loin de Manosque et Forcalquier, sur la route d’Oraison, le village d’Entrevennes se pare depuis trois ans de la galerie d’art Le Portail. Dans cette ancienne dépendance de leur demeure, les propriétaires, Yves Deluz et Nadine Bourlon Deluz, exposent les oeuvres d’artistes de tous bords. Eux-mêmes créatifs, entre arts plastiques et chant lyrique ou choral, les productions choisies sont autant des coups de coeur que des rencontres avec des artistes passionné.es.

L’évènement actuel met le focus sur l’artiste suisse Corinne Kramer (site de l’artiste). Un catalogue riche en illustrations vient d’être publié. On y découvre une conversation de l’artiste avec l’historienne de l’art Alexia Ryf, un texte de l’écrivaine Pascale Kramer et des reproduction d’oeuvres révélant ses techniques de travail. Un remarquable reportage photographique (Nina Cuhat) relatant l’un de ses séjours à l’imprimerie d’art parisienne IDEM y est également documenté.

Corinne Kramer développe actuellement un travail de séries en deux domaines distincts: le pastel à l’huile pour le nu féminin et le fusain et la pierre noire pour le paysage. Sa technique, faite de stries plus ou moins prononcées, révèle les clairs obscurs des paysages qu’ils soient extérieurs ou corporels. Elle dessine ses nus grand format au pastel à l’huile, debout, à grands traits fins et dynamiques, cherchant le noir profond en contraste avec la luminosité d’une chair qui semble s’approcher de notre regard. Des dégradés ainsi créés naît la douceur d’un flou, comme entraperçu dans une semi obscurité. Un travail qu’elle qualifie d’exigeant, tout en concentration.

Pastel à l’huile, 2025 (70x50cm)

Toujours la recherche de lumière dans ses paysages d’après nature. Ils sont dessinés in situ, au fusain et à la pierre noire, des « matériaux naturels offrant plus d’aisance pour le travail en plein air ». Des vues qu’il lui arrive d’adapter plus librement en atelier sur de grands formats verticaux. Notre regard se laisse emporter dans un univers souvent liquide, bordé de sous-bois dont on croit deviner le léger frissonnement. Certains sont proches d’une abstraction trouble, où la direction des tracés crée des lieux différents selon la distance ou l’éclairage auquel on les regarde. Une tout autre énergie que celle utilisée pour les nus.

Le travail aux pointes sèches développe un aspect plus brut, la création lithographique offrant une résistance et une confrontation avec la matière. Entre les tirages, l’artiste gratte et ponce directement à l’intérieur de la presse, puis les nuances se font par superposition d’impressions. Pour la gravure sur cuivre, elle creuse directement le dessin dans la plaque. Exemple sur les deux pages ci-dessous, extraites du catalogue de Corinne Kramer – Les couleurs m’encombrent

Mais la couleur entoure la galerie du Portail…lors de votre prochain passage dans les Alpes de Haute-Provence, faites un petit détour par Entrevennes, nul doute que vous y trouverez des merveilles! Visite virtuelle sur le site du Portail.

Laisser un commentaire