Art Môtiers 2026 (NE), Suisse

Du 20 juin au 20 septembre 2026, prochaine édition dans 4 ou 8 ans…

Il ne vous reste que deux semaines pour aller vous balader artistiquement à Môtiers dans le Val-de-Travers!

Entre 1762 et 1765, Jean-Jacques Rousseau a séjourné juste après la publication de son « Emile ou De l’éducation« . Un essai qui a eu du succès jusqu’à ce qu’on découvre qu’il a abandonné cinq de ses enfants. Il aimait se retirer près de la cascade pour y méditer et peut-être poursuivre ses « Confessions« , autobiographie en douze volumes. Soixante galets de bronze sillonnent le trajets, citant l’écrivain.

Exposition d’oeuvres en plein air et marche en forêt au bord de la rivière Riaux, au choix un petit ou un grand parcours très bien indiqués sur le dépliant qui vous sera distribué . Deux options dont la plus courte est accessible aux personnes à mobilité réduite. Une quarantaine d’artistes suisses ont participé à cette édition.

Pour l’affiche, c’est Fichtre qui s’y colle!

Adultes CHF 15.- Tarif réduit* CHF 10.- Enfants dès 8 ans CHF 5.-

La première oeuvre est surprenante, sauf lorsqu’on déchiffre le nom de son créateur: Zimoun (clic et tu la verras!). Il est suisse et s’occupe avec humour de mouvements, de sons et de rythmes à l’aide de matériaux d’une simplicité déconcertante. Ne la manquez pas comme j’ai failli le faire en voulant jeter un papier froissé.

Dans l’église sont suspendus des bannières de Noémie Doge. Intitulées « The Gtood Mother », ce sont des citations de JJ Rousseau, l’une extraite de la préface de l’Emile, l’autre d’une lettre à D’Alembert. Lorsque l’on sait le père qu’il a été, ses leçons d’éducation ont été et sont toujours matière à …rêverie?

Je passe sur les bulles de fumée de Pipilotti Rist, comme des idées qui s’envolent puis éclatent en ne laissant « Nichts >Nothing>« . Les boîtes à historiettes de Camille Mermet que l’on retrouve tout au long du parcours (il y en a 16), m’ont beaucoup plu. De courts récits, quelquefois juste une phrase, très évocateurs. Il faut tourner la manivelle et écouter. C’est poétique et profond.

Sandrine Pelletier évoque une cascade qui n’est plus et pare les abords de la grotte de sa « Chimère » de verre. C’est carrément poignant quand on pense au réchauffement climatique, et sublime par les reflets des arbres qui s’y mirent.

L’installation d’Olaf Breuning intitulée « 8 mm » mesure en fait 150 mètres. Un long cordon dont un petit singe de bronze retient 8 mm entre ses doigts. C’est une comparaison édifiante de la temporalité de la terre avec celle de l’humanité. On est bien peu de chose…

Une toile d’araignée géante tissée de cheveux multicolores est soutenue par les troncs protecteurs de la forêt. Julie Monot a installé cette douce matière, « Soft Matter« , composée de cheveux teints humains. Vous y verrez votre propre signification, mais l’effet est d’une douceur étonnante au milieu de la rigidité des écorces.

Plusieurs créatures immobiles (« Totems« ) surprennent les promeneureuses au détour du sentiers. on reconnait l’art teinté d’anthropomorphisme mêlé à l’animal d’Augustin Rebetez. Les enfants (et certains adultes) y voient des effigies de Batman protégeant les lieux.

Un lieu habité, celui d’Adrien Chevalley, au coeur de la forêt, son abri, son atelier. On pense à HD Thoreau et sa vie dans les bois, une nouvelle façon d’appréhender le quotidien ave une vie proche de la nature (« Open Studio »).

Les fleurs magiques de Xénia Lucie Laffely plantées au bord du chemin sont à la frontière du végétal. On ne sait si elles sont bénéfiques, maléfiques ou seulement intrigantes et d’une beauté insolite. Ne les manquez pas.

Anne Rochat et Jean Rochat ont creusé des chambres dans le sol (« VR.1.0« ). Une réalité qui pourrait sembler virtuelle si on n’y pouvait pas descendre et s’y installer un instant. On y trouve même de quoi lire, comme ce « Court traité du paysage » d’Alain Roger, que je conseille vivement. Immergez-vous et goûter un repos mérité en retrouvant le village.

Il sera temps alors, si vous n’avez pas déjà croisé la fée verte, d’aller tester l’Absinthe de Môtiers dans une des boutiques qui longent la rue. Juste après la fontaine de Gina Fischli, « La Spiritueuse« .

Ceci n’est qu’une petite partie des oeuvres que vous croiserez lors de votre périple, lequel en vaut la peine même si vous n’êtes pas féru.es d’art contemporain. La promenade, entre village et forêt, est superbe.

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