« Cosmic Drama » Philippe Quesne

Au Théâtre de Vidy, Lausanne, du 18 au 22 janvier

Avec Raphael Clamer, Jean-Charles Dumay, Annika Meier, Julian Anatol Schneider, Gala Othero Winter

De la science-fiction au théâtre? Oui, cela existe, nous avions assisté à Requiem pour Rosetta, une histoire d’amour  de Marielle Pinsard, voici aujourd’hui Philippe Quesne et son excellent Cosmic Drama.

Transportés avec ses occupants dans un vaisseau-matrice de forme minérale, nous voici embarqués dans l’immensité spatiale de l’univers. Et c’est réellement bluffant. Les astronautes bougent au ralenti à l’intérieur de la capsule, ils sont vêtus des combinaisons idoines et le vaisseau spatial apparait lentement au centre d’une pluie d’astéroïdes.

Après avoir vécus tempêtes et incendies, les cinq cosmonautes sont heureux de cette première mission: enchanter à nouveau le cosmos.

Et en effet, iels débarquent sur un endroit couvert de météorites, nommément des astéroïdes qui ne volent plus. Grâce à des paroles réconfortantes ou magiques, les pierres s’élèvent à nouveau. Sauf une qui semble malade. La suite sera le récit de leurs efforts pour la soigner.

Cette pièce a ceci d’extraordinaire, outre le fait qu’elle est passionnante et drôle,  qu’elle peut être vue comme un pur divertissement, comme une sorte d’analogie avec notre présent et aussi comme une recommandation à la circonspection face aux blockbusters hollywoodiens.

Photo Martin Argyroglo

Divertissement parce que la pièce est bourrée d’humour et de clins d’oeil: au théâtre antique, au théâtre de Vidy dont elle inaugure la salle 64, aux précédentes pièces de Quesne lui-même. Le jeu des acteur.ices, possédé.es par leurs rôles, est captivant. Le sujet même, une anticipation qui peut paraître dérisoire, prête à sourire.

Analogie, je l’espère, parce que la pièce imagine des êtres humains qui prennent soin; qui, malgré les obstacles, s’évertuent à trouver des solutions; qui se réunissent pour soigner la terre (sous sa forme minérale), même s’ils sont comprimés par un filet médical, même s’ils sont physiquement et douloureusement touchés. La communauté bienveillante est un thème cher au metteur en scène.

Photo Martin Argyroglo, Cosmic Drama

Recommandation parce que la pièce prend la forme d’un film du genre héroïc fantasy futuriste. La musique, dramatique, romantique, mélancolique ou entraînante, est celle qui, au cinéma, influe sur nos émotions. Dans Cosmic Drama, on réutilise les codes auxquels le cinéma nous a habitué. Dès le début, le générique est projeté sur un voile/écran, ainsi que l’espace interstellaire avec ses astéroïdes fonçant sur le public. Mais les effets spéciaux utilisés sur scène sont immédiatement dévoilés par les acteurices (câbles faisant flotter les pierres, soleil projecteur, son surround, etc). En dévoilant les trucages de la pièce, n’y a-t-il pas là une suggestion au public? Du style « attention aux pièges de la grande diffusion » laquelle nous propose un monde que l’on peut dompter à coups de 3D?

De plus, cette superproduction théâtrale est une fantastique occasion de prendre ou reprendre contact avec le monde du théâtre.

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