Un réveillon d’expositions à Paris (VII): Fabrice Hyber

Voilà un artiste en proximité directe avec la nature : Fabrice Hyber (1961), pour qui la mutation, la transformation sont des notions primordiales à partir desquelles il fonde son art. (site de l’artiste)

M-onde, 2019

L’exposition de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à voir jusqu’au 30 avril 2023,  se visite sans cartel. Ceux-ci sont remplacés par des QR codes à télécharger (ou pas), ce qui donne accès à de courtes vidéos explicatives par lesquels l’artiste commente sa démarche. Des médiateur.ice.s sont ausssi présent.e.s pour accompagner la visite.

Fabrice Hyber est reconnu dès la fin des années 80 pour différents travaux : son autoportrait en savon de 22 tonnes (Traduction), ses POF (Prototypes d’Objet en Fonctionnement), ses fontaines (Hommes de Bessines). Il fonde des sociétés (SàRL) mettant en lien les artistes avec les entrepreneurs ou encore les scientifiques et les chercheurs. Il plante des arbres à Cahors ou dans la propriété vendéenne familiale où pousse sa « Forêt idéale » depuis bientôt 30 ans.

L’artiste est mandaté tout autour du monde pour des projets monumentaux (Hommages, commémorations, expérimentations, aménagements de territoires,etc.). L’ensemble de son oeuvre est un « work in progress », en mouvement perpétuel.

Croiser les techniques, les savoirs, les disciplines et les compétences est le concept qui définit le mieux sa démarche: mentale, puis sociale et artistique. Le vivant et la nature sont le coeur de son travail.

«Chacune de vos questions en amènera une autre. Cette arborescence nous fera tous avancer dans la même direction: vers l’inconnu.» Fabrice Hyber

L’accrochage propose d’entrer dans la pensée et le processus créatif de Fabrice Hyber avec environ 60 toiles. Sous forme de salles de classe, l’artiste y accueille non seulement le public, mais aussi des enfants, plusieurs classes, avec lesquels réfléchir sur ses tableaux-idées. « (…) il incorpore dans le champ de l’art tous les domaines de la vie, des mathématiques aux neurosciences, en passant par le commerce, l’histoire, l’astrophysique, mais aussi l’amour, le corps et les mutations du vivant ».

Ci-dessous, deux oeuvres qui montre le déploiement de sa pensée. Deux paysages biographiques

Paysage biographique de la Vallée, 2022
Paysage biographique de Pierre Giquel, 2017

Au sous-sol, l’espace est divisé en petites salles d’exploration percées pour communiquer entre elles. A l’image des ouvertures que Fabrice Hyber voudrait déclencher dans l’esprit des visiteu.r.se.s. et de son besoin de transmission.

vue de l’ouverture entre les salles

Il existe cinq épisodes de cette série youtube qui laisse parler l’artiste depuis sa vallée et ses ateliers. Au départ, 50 hectares de terrain que ses parents louaient pour leurs moutons. Après leur retraite, dans le but de protéger ce terrain, l’artiste l’acquiert et sème des graines d’arbres. Actuellement c’est toute une forêt de milliers d’individus, la base de l’inspiration de Fabrice Hyber.

Vue du couloir, sous-sol de la fondation
L’Homme de Terre, 2010 + tableau, Le Confort Eternel

Cette exposition se veut didactique et propose aussi des rencontres, un programme de cours du soir, Les Voix de la Vallée, dispensé tous les jeudis de 19h à 20h par des experts dans leur domaine, jardinier, philosophe, climatologue ou sexologue.

Débordante d’idées, de prime abord hermétique, on peut se sentir déconcerté par cette exposition foisonnante. Cependant, la poésie qui transparaît de ces tableaux aquarellés raconte tant d’histoires que l’on finit par se laisser transporter dans la Vallée verdoyante des pensées de cet artiste planteur de graines d’arbres et de réflexions, qu’est Fabrice Hyber.

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4 réflexions sur “Un réveillon d’expositions à Paris (VII): Fabrice Hyber

  1. Merci pour cet article, merci pour les liens. Je suis à peu près Fabrice Hyber depuis des années (surtout vu au palais de Tokyo). Cet été j’ai eu la chance de passer trois jours à Lille (expositions nombreuses et de qualité dans le cadre de Lille 3000 qui a lieu tous les trois ans), Le Tri Postal présentait quelques oeuvres de l’artiste dont son Homme de terre. J’espère pouvoir aller visiter cette exposition à la Fondation Cartier.

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      1. Je me suis promené sur ton blog avec un plaisir certain, tout à l’heure. Que de beaux articles, comme j’aurais aimé voir l’exposition de Louise Bourgeois à Londres. Et comme tu sais donner envie d’assister aux pièces de théâtre. Celle de Novarina, par exemple. Là, ce serait de l’ordre de la frustration pour moi, mais lire ton blog est un

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