Au Palais des Papes d’Avignon, l’exposition « Palazzo » de l’artiste plasticienne Eva Jospin nous a offert, au prix de quelques montées de marches, une fraîcheur bienvenue à l’ombre de ses murs. Les trésors d’Eva Jospin y sont exposés jusqu’au 7 janvier 2024.

Un premier aperçu d’une oeuvre de moyen format permet de prendre contact avec la technique utilisée, ici le carton un matériau modeste pour une construction très élégante pour une grotte, telle le modèle réduit d’une ruine antique envahie par la végétation. Le motif de la grotte (qui évoque la caverne) est pour l’artiste « l’espace mental de projection par excellence, au-delà du visuel. »
La Chambre du Camérier (les camériers sont attachés au service personnel d’un pape), une salle impressionnante, murs et sols usés par les ans, habitée par une structure troglodyte, une éminence brune, un pic rocheux architecturé..

Trois tentures monumentales recouvrent les murs d’une salle immense, celle dévolue aux festins médiévaux. La « Chambre de Soie », ce sont trois tapisseries de dix mètres de long où s’entrelacent branches, lianes et colonnades, composant des paysages extraordinairement vibrants dans des teintes rousses et bleues pâle.
Empyrée est un lustre symbolisant l’espace infini menant à la voûte céleste. L’escalier en spirale en fait une échelle de Jacob, une ascension d’après Escher ou Dante, un tunnel de NDE entouré de pampilles qui, telles des gardiennes, accompagnent l’élévation vers une apogée.
Forêts et paysages sont des thèmes récurrents dans le travail d’Eva Jospin. La densité de celle-ci la rend impénétrable et mystérieuse. En s’approchant, on peut voir de très près le travail méticuleux effectué par Eva Jospin.
La Grande Chapelle du palais est investie par trois oeuvres monumentales entre architecture, minéralité, végétalité: Côté Cour Côté Jardin, Nymphées, Cénotaphe. Quelques-unes bénéficient d’une source de lumière mettant en valeur un endroit particulier. Ce sont des oeuvres oniriques invitant à la contemplation et aux récits personnels. Un univers de conte de fées, de roches brutes ou sculptées envahies de végétations momifiées. Edifiées de bois, carton, résine, béton, papier coloré, coquillages, liège et quelquefois laiton, ces architectures gothique ressemblent à des choses familières tout en étant complétement fantastiques. Le château de la Belle au bois dormant? Une réminiscence de l’Atlantide? Un Angkor mâtiné de baroque italien? La seule silhouette humaine est un corps allongé semblant figé dans une coulée de lave volcanique.
Au terme du parcours, les photographies et films documentaires de Laure Vasconi montrent certaines étapes de travail de l’artiste entre conception et réalisation.
Cette exposition spectaculaire, mais aussi poétique par les ouvertures imaginaires et sensibles qu’elle suscite, est à visiter à Avignon jusqu’au 7 janvier 2024.



Belle découverte, ces sculptures sont impressionnantes, l’imaginaire tourne à plein devant de telles œuvres. Ave Eva ! Dommage pour la gauche en carton de papa… 🙂 K&M
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La magie de l’art: créer du splendide à partir d’un matériau modeste. Papa aurait pu….
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😀 !!!!
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J’aime tant son travail.
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Magique et magnifique. Hélas je n’ai pas vu l’expo de la collection Lambert. Partie remise. Ce palais des papes lui va comme un gant.
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