« Umuko » Dorothée Munyaneza

Théâtre de Vidy, Lausanne, du 18 au 21 mars 2026

Ce spectacle, j’y ai assisté il y a une semaine et je n’ai pas eu le temps d’y revenir en écriture. Mes impressions encore vivaces vont m’aider à m’y replonger.

Voyez cette image d’en-tête (umuko©Patrick_Berger), et goûtez déjà aux couleurs et à la joie de cette atmosphère. Vous n’aurez pas le son de l’Inanga, instrument à corde du passé, ni celui de la basse électrique, aux sons futuristes. Et les mots magiques de ejo, l’hier et le demain en kinyarwanda, me sont inconnus. Pourtant les danses m’ont parlé, j’ai vibré avec les polyphonies au tempo universel. Mon regard a plongé au coeur de récits intemporels, ceux chantés dans une langue qui m’est inconnue. Entre turbulence et fluidité, la vision des corps dansants a actionné une sorte de magnétisme contagieux qui m’a transportée. Mais où? Au coeur d’un espace humain suggéré par l’éclairage minimaliste et les habits traditionnels, les couleurs et les sons, les gestes et les postures. Le tout d’une élégance prodigieuse associée à un dynamisme électrisant, leurs visages souriants ajoutant à l’enchantement de la performance.

Pour ce spectacle, l’intention de Dorothée Munyaneza est de se rapprocher de l’Umuko, l’arbre guérisseur, le gardien des histoires, l’arbre ancestral du Rwanda qui tisse les liens entre ce qui est préservé, ce qui résiste à l’anéantissement et ce qui vient. Fleurs rouges de leurs corps, ramures de bras et pieds racines, les quatre danseurs-musiciens et la chorégraphe-danseuse nous ont permis de toucher à une grâce qu’iels ont cueillis à l’esprit d’Umuko.

La parole de Dorothée Munyaneza, au bord de plateau qui a suivi ce superbe moment artistique, a ouvert d’autres fenêtres de compréhension: trouver une forme de résistance dans les maîtres-mots amour, solidarité et joie, une forme de réparation, qui n’omet pas la douleur des histoires perdues. Dorothée avait douze en 1994, quand elle a pu quitter le Rwanda, après le génocide.

Voilà le moment venu de trouver l’arbre-lieu, où l’on se rend pour reprendre des forces au bord des chemins sinueux et riches du processus créatif. Dorothée Munyaneza

UMUKO, Direction artistique Dorothee Munyaneza, Musique Impakanizi, Jean Patient Nkubana et Michael Makembe, Lumiere Camille Duchemin, Costumes Stephanie Coudert, Coiffe Muhawenimana Maximilien et Mizero Cedric,
Avec : Dorothee Munyaneza, Jean Patient Nkubana, Impakanizi, Abdoul Mujyambere et Rud Bass 
(photo by Patrick Berger)

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