Théâtre de Vidy, du 31 octobre au 9 novembre 2025 (Photo Leon Orlandi)
Une multitude de coussins, tels des îlots auxquels s’accrocher, flottent sur le plateau. Une femme solaire, sillonne les lieux, susurrant une chanson douce, pendant l’installation du public chacun.es sur son propre écueil.
Mais c’est un mur sonore brutal, un riff de guitare rugueux, qui inaugure l’entrée en scène des danseur.euses. Tout de bleu vêtu.es et encapuchonné.es, dans un élan fébrile, iels ceinturent l’espace de leur course folle.
Peu à peu, quelques-un.es s’extirpent de la masse et, durant quelques secondes, exhibent une danse convulsive, nerveuse, comme se délestant d’une contrainte.
Puis l’atmosphère musicale se calme. Ce qui va se jouer ici est à vivre et non à décrire. Un spectacle de pure beauté, rétinien autant que sensoriel. Les artistes se rapprochent, ils se faufilent entre les personnes assises, tout près, si proches que le public est comme englobé par leurs énergies. Le ventre de la baleine? S’interpellant du regard ou de la voix, iels se transmettent l’action, ne se quittant pas du regard, en individus libres et originaux, sans pour autant éviter les rencontres et diverses harmonies groupées. Le lien qu’iels tissent, un filet de grâce, émeut et ravit.
Ce spectacle s’avère être un soin. Il évoque une humanité attentive à l’autre, à l’expression de son individualité comme à son intégration dans un ensemble. Une harmonie qui semble manquer dans le monde d’aujourd’hui.
Un mot pour les costumes (Maarten van Mulken), couleurs chaudes pour les musicien.nes et froides pour les danseur.euses, et pour la mise en musique de Billie Bird et DJ MÂNAA, enrobant cette transe de subtilités sonores et de peaux oniriques.
La baleine? Découvrez la tendresse de son ventre en assistant au spectacle!

