« Doom » de Teresa Vittucci

A L’Arsenic- Centre d’art scénique contemporain, Lausanne, du 29.07 au 1.08 2021

Déconstruire le mythe ancestral d’une Eve stéréotypée par le physique que lui a prêté l’iconographie. Réhabiliter sa qualité première, la curiosité, sans laquelle l’humanité stagnerait dans l’ignorance. Considérer l’origine du monde avec respect, tendresse et humour.

« Doom » est le deuxième volet de la trilogie de Teresa Vitucci sur l’éloge de la vulnérabilité. Le premier, «Hate me tender», a remporté le prix suisse de la danse 2019.

Teresa Vittucci est Pandore façonnée dans l’argile grise par le dieu du feu, la curieuse qui a ouvert la boîte. Elle est aussi Eve sous la forme de la Vénus de Willendorf, divine statuette âgée de 25000 ans.
Cette grâce-là s’était égarée dans les méandres de l’histoire patriarcale de l’Humanité. L’artiste offre aux regards du public ce corps de déesse millénaire, un présent aussi rare que précieux. L’expressivité de son regard à la fois innocent et scrutateur incarne parfaitement l’étonnement de la découverte chez cette première femme de légende.

http://www.teresavittucci.com Photo doom_konigshausen_bearb2

Au commencement était la pierre, un espace minéral, incolore et cendré. De cet espace, la femme s’extrait, s’écoule, prend lentement vie, s’ouvre à la fertilité. Nous sommes face à l’origine du monde, à sa beauté tangible et prosaïque. Les génies du ciel et de l’enfer sont les témoins de sa naissance autonome. Pendant ce temps, appuyé sur un BOyAu inanimé, l’homme Colin fait une sieste. Réveillé par Teresa, il est soumis à son questionnement incisif, auquel il répond comme il peut, d’un air légèrement ennuyé. C’est elle qui lui propose d’essayer… Essayer quoi? Ce sera un chant commun, un lied magnifique, qui persistera dans l’obscurité de la nuit des temps.

Colin Self, créateur des sonorités et de la musique, compose un Adam dont l’ingénuité n’a d’égale que la curiosité insatiable de son Eve-illée compagne. Son univers sonore crée un décor organique extrêmement puissant appuyé par la création lumière de Thomas Giger.

Voilà donc enfin la légende transformée, la curiosité valorisée et une certaine équité édifiée. Même s’il semblerait que ce nouvel Adam ait gardé la chevelure d’un esprit à la voix démoniaque…

Odilon Redon, « Pandora », 1914( son histoire ICI)

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