Biennale de Venise 2019, les émotions du pavillon central des Giardini.

Dans le pavillon central de Giardini, des artistes que l’on retrouve sur le second site, celui de l’Arsenale. En 2019, 50 % des artistes exposé.e.s sont des femmes et tou.te.s sont vivant.e.s.

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Le brouillard envoyé par Lara Favaretti, clin d’oeil sur les brumes de la pensée, se retrouve devant le pavillon français habité par l’oeuvre de Laure Prouvost.

Aux côtés de l’effrayante machine balayeuse de sang enfermée dans sa cage de verre (le duo Sun Yuan et Peng Yu), les xylographies en couleur de Christian Marclay sont tout à fait cohérentes: des figures hurlantes inspirées de Munch, des collages mélangés de mangas et de comic stripes dont les stries font vibrer l’image gravée dans le bois. Des oeuvres aussi puissantes sur un site que sur l’autre pour ces trois artistes marquants. Christian Marclay juxtapose 48 films de guerre dont les bandes son s’entremêlent, et le duo de Beijing fascine avec une autre démonstration d’une automatisation de la violence sur un trône de marbre.

 

Cyprien Gaillard revisite l’Ange du Foyer de Max Ernst (1937) en un hologramme hypnotisant. Une manière de se remémorer que le fascisme et ses monstruosités sont encore en vie … et proches de nos sociétés-foyers.

Cyprien Gaillard – Venice Biennale 2019 from Universes in Universe on Vimeo.

Mais voici Lara Favaretto, artiste italienne de Turin, et son cabinet de curiosité intitulé Thinking Head. Tout ce que j’aime. Associations d’idées, mots-clés dont les définitions ne nous sont pas totalement établies, objets associés qui font sens, de l’humour et de la réflexion. Avec ces ready-made composés, il y a de quoi s’amuser à réfléchir.

 

Impossible de partager les lourdes images prises avec un appareil photo évolué… Sur le brouillon ça marche, mais pas sur la publication. Désolée… A vous de relier les images aux textes ci-dessous.

Jesse Darling (GB) offre un mobilier fragilisé par de longs pieds à la Dali.

De superbes dessins, huiles et aquarelles de Michael Armitage (Kenya) sur de l’écorce de lubugo. Qui en réalité montrent la  réalité sociale de Nairobi, inégalités et incertitudes.

Otobang Nkanga, Nigeria, avec « Veins Aligned » et sa préoccupation pour les ressources naturelles et les territoires, face à l’un des hallucinants autoportraits de Zanele Muholi en « lionne noire » qui se bat pour les droits LGBTIQ. Son projet « Somnyama ngonyama » est en cours, une année composée de 365 autoportraits.

Haris Epaminonda, une artiste d’origine chypriote, agence des objets, les détourne, les rendant au présent malgré leur racines anciennes et créant des récits mystérieux.

Science, art, design et technique se mélangent dans ces sculptures de Jean-Luc Moulène.

Le Microworld du chinois Liu Wei est monumental… organique, végétal, minéral, cellulaire, spatial?

Mary Katayama, représentante du Japon, met en scène son corps handicapé et crée des univers morcelés d’une beauté étrange.

L’installation de Shilpa Gupta, un coup de coeur, consiste en dizaines de pieux dressés, sur chacun desquels est fiché un poème. Des petits haut-parleurs surmontent chaque flèche et diffuse les poèmes de 100 auteurs et autrices ayant été emprisonnés et réduits au silence. Et du côté d’Arsenale, un portail claque sans fin avec brutalité désintégrant peu à peu le mur qui le supporte. Des oeuvres vivantes et expressives par une artiste indienne engagée.

Tarek Atoui, artiste et compositeur, est né au Liban et vit à Paris. Il s’intéresse aux sons. Il conçoit des instruments improbables et poétiques. Une salle entière emplie de sonorités diverses et d’objets musiciens. Fascinant.

Zharha Al Ghamdi, pour l’Arabie Saoudite, crée un paysage énigmatique envahi de « créatures », coques de cuir ajourées qu’elle a passé des mois à couper, coudre, déchiqueter, bouillir, sécher et brûler en 52 000 pièces abstraites. Ils font référence à des formes organiques aléatoires, à des ornements Aseeri et à l’architecture locale d’Al-Baha, son village natal situé au sud-ouest du pays.

Apichatpong Weerasethakul, le réalisateur thaï de la palme d’or de Cannes 2010 « Oncle Boonmee », présente des images mystérieuses et oniriques.

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