Mickalene Thomas « All about Love »

Mickalene Thomas, Afro Goddess Looking Forward, 2015. Autoportrait d’après photo.

Hayward Gallery, London, du 11 février au 5 mai 2025

Mickalene Thomas (1971) vit et travaille à Brooklyn. Elle revendique le statut de lesbienne noire et porte un regard différent et fastueux sur les femmes noires. D’ailleurs, ses modèles fixent directement leur regard fier, assuré et glamour sur le public. Les poses et les attitudes rappellent pourtant la peinture classique d’Ingres par exemple, mais ces nouvelles odalisques sont placées dans un décor domestique et personnel, hors du contexte de ce que pourrait être le fantasme masculin. Elle illumine les portraits de strass leur offrant une préciosité inconditionnelle. (parcours)

« Mon travail s’enracine dans la découverte de soi, la célébration, la joie, la sensualité et le besoin de donner une image positive de la femme noire dans le monde. » Mickalene Thomas

La reconstitution de ces deux living rooms retrace deux périodes sécurisantes de l’enfance et de l’adolescence de l’artiste. Dans celui de droite, on peut voir un self portrait intitulé Mickalena (20109) et trois photographies de sa mère, Sandra Bush, Lounging, Looking, Staging (2003), posant telle une star des 70’s de la Blaxploitation cinéma. Cette dernière étant décédée en 2012, l’artiste honore sa mémoire en moulant des objets personnels en bronze. Une façon de lui offrir une forme d’éternité.

Cette réinterprétation du tableau de Gustave Courbet, Le Sommeil (1866) date de 2012. Intitulée Sleep: Deux Femmes Noires, elle place les modèles dans un décor extérieur, aspirant à montrer l’amour entre deux femmes noires comme étant naturel et exempt de toute honte.

La vidéo ci-dessus montre le scintillement du strass dont Mickalene Thomas recouvre son travail. Cette brillance mouvante donne profondeur et vitalité aux images de ses muses. L’une d’elles, Din, tient nonchalamment « un miroir dont elle n’a pas besoin de se servir pour être certaine de sa beauté« , nous dit le cartel.

L’installation ci-dessus en forme d’autel présente des photographies, dessins et citations, liens intimes avec la pensée de l’artiste.

Le magazine Jet était un hebdomadaire publié dès 1951, destiné à pallier le manque de représentation de la population africaine américaine dans les médias grand public. Mickalene Thomas intègre dès 2017 des images de ses archives à son travail, qu’elle reconstruit par collage.

Participant à une résidence à Giverny, Mickalene Thomas présente ici l’un de ses collages inspiré par le paysage du jardin de Claude Monet (2022). Et ci-dessous, deux interprétations dont (si vous êtes encore là 😉) vous trouverez vous-même les auteurs d’origine!

Cette salle montre l’artiste performant la chanson Angelitos Negros de 1953 interprétée par Eartha Kitt. Les paroles implorent les artistes de peindre des angelots noirs dans les peintures religieuses.

« I define my work a feministe and political act..I’m black, Queer and a woman. » Mickalene Thomas

L’exposition All about Love s’installe à Paris du 17 décembre au 5 avril 2026. Une opportunité à saisir pour admirer par vous-même l’intensité brillante de son oeuvre polymorphe et la valeur essentielle de son propos.

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