Ce séjour un peu plus long que l’an dernier nous a permis des visites plus nombreuses. A noter que les Rencontres photographiques se terminent le 27 septembre.
Sous les thèmes Remous, Esprit, Traces, En Paralèlle, Relectures et Emergences, les expositions parsèment la vieille ville. En deux jours bien remplis nous n’avons manqué que les deux expos éloignées (musée de la Camargue et Abbaye de Montmajour).
Le troisième jour, nous l’avons consacré aux visites du LUMA et surtout au Parc des Ateliers où nous avons suivi une visite guidée de l’exposition Judy Chicago et visité celles de Rirkrit Tiravanija et de William Kentridge (chronique à venir).
Je ne relaterai ici que les expositions les plus marquantes pour moi. Désolée pour les prises de vue tarabiscotées… Prendre des photos en photo…pfff… c’est bien pour vous faire plaisir.
Evidemment je me réjouissais de m’engloutir dans les cryptoportiques à la découverte de Finir en Beauté, le projet de Sophie Calle. Ce sont des oeuvres attaquées par les moisissures qu’elle a mises en scène dans les sous-sols de la ville, à même le sol.
Les couloirs sombres et humides sont tout à fait adéquats à la série « Les Aveugles ». D’un côté sont accrochées les photos des personnes aveugles et de l’autre, posés à même le sol, les textes et photos encadrées. La voix de Sophie Calle sur bande enregistrée informe sur quelques détails de ces oeuvres qu’elle ne voulait « ni donner, ni jeter » (extrait). Une deuxième galerie expose les sépultures grandeur nature et la troisième quelques objets personnels, dont les clés qui ont ouvert les lieux de sa vie.
L’exposition « Au Nom du Nom » (église Sainte-Anne) expose les travaux d’une quarantaine d’artistes internationaux. Pas mal d’américain.e.s pourtant. Je l’ai trouvée très (trop) fournie. On est submergé par son abondance. Quelques-un.e.s m’ont particulièrement touchée par leur démarche. Sophie Bramly qui a travaillé avec les piliers du Hip-Hop dès les 80’s, André Cadere et sa barre de bois peint, Tseng Kwong Chi poursuivant Keith Haring dans les couloirs du métro newyorkais, Jay Ramier qui manipule des photos dont il n’est pas l’auteur, Lisa Kahane immortalisant un graff de SAMO ou Lady Pink arborant une citation de Jenny Holzer et Honet qui hante des lieux hors du commun. Ari Marcopoulos a publié un recueil de 1200 instantanés N/B dont certains du New York des années 2000, dont il couvre un mur de l’église.
L’exposition « Quelle joie de vous voir » (Palais de l’Archevêché)montre le point de vue des femmes japonaises des années 50 à nos jours. Une imagerie que l’on connait moins que celle des geishas et qui montre bien à quel point elles sont loin de ce que certains ont appelé les « Girly photos »!
L’espace Van Gogh (à ne pas confondre avec le musée) offre une magnifique (et première mondiale!) rétrospective de l’oeuvre sérielle de Mary Ellen Mark (1940-2015), remarquable photographe narrative. Sur deux espaces, nous découvrons son regard empathique, sur des personnes marginalisées. Elle désire traiter les émotions, avec des images en forme de récits. « Rencontres » retrace cinq projets tous plus humanistes les uns que les autres. Une découverte saisissante et souvent bouleversante. Jeanette, 15 ans enceinte, la famille Damm vivant dans sa voiture, les femmes du quartier de sécurité d’un hôpital psychiatrique de l’Oregon, Tiny, ses neuf enfants, sa mère et la drogue(qu’elle suit pendant 30 ans), les jumeaux et jumelles, les stars, les bals de promotion, l’Inde et ses cirques, les dispensaires de Mère Teresa. Désolée pour les prises de vue tarabiscotées, il y avait du monde…
Au même endroit, « Répliques ». Au Japon, le cataclysme du 11 mars 2011 ayant provoqué l’accident nucléaire de Fukushima.
La galerie de la librairie Acte Sud montre des « photographies au saut du lit« . Celles de Bieke Depoorter en Egypte ou en Tunisie, où elle dort chez l’habitant, sont superbement réhaussées de leurs commentaires en arabe écrits en direct.
Et juste à côté, les fleuves océans de Nicolas Floc’h (chapelle Saint-Martin), une exposition spectaculaire sur les couleurs des profondeurs des eaux du Mississipi dont je mets la présentation ci-dessous:
A l’extérieur, le jardin d’été expose Marine Lanier qui, accompagnée de botanistes, scientifiques, etc. s’est rendue dans le parc du Lautaret, le jardin d’altitude le plus haut d’Europe. Elle en ramène des portraits d’humains et de plantes d’une biodiversité remarquable pour une telle altitude.
A l’espace Croisière, nous avons eu l’opportunité d’une visite guidée depuis ce lieu (Stephen Dock), à la Maison des peintres (Randa Mirza) et à l’espace Monoprix (Debbi Cornwall).
Stephen D0ck a couvert la guerre de Syrie en 2011. Il avait alors 22 ans. Dix ans plus tard, il retravaille cette matière photographique jusqu’aux pixels.
« Beirutopia » de Randa Mirza mélange utopie et réalité, dénonce la politique de reconstruction de la ville et en documente l’effondrement actuel.
« Citoyens modèles » de Debbi Cornwall photographie les fictions qui façonnent le regard de l’Amérique sur elle-même. D’abord dans les décors recréé pour entraîner les futurs soldats; puis, dans certains rassemblements, son imagerie héroïque ou victimaire.
A suivre….






Je suis allée à Arles pour la première fois au printemps, mais il faudra vraiment que j’y retourne, pour ces rencontres photographiques. Merci pour ce post Martine !
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