
Photo en-tête Yoshiko Kusano
Arsenic, Lausanne, du 12 au 15 février 2026
Un titre original pour un spectacle qui ne l’est pas moins. Marlène Charpentié interprète trois personnages de fiction. La tête du premier est engoncée dans un costume noir boutonné jusque sous le menton, une sorte de Nosferatu contemporain. Il ne jure que par l’argent et hurle d’une voix rocailleuse très malaisante. La deuxième est une vieille diva surannée et assez terrifiante. Chapeau spectaculaire, maquillage outrancier, boa de plumes, string et bas noirs. Regrettant sa jeunesse, toussant et crachant, elle chante qu’elle veut être aimée et nous promet une love story. Son pauvre strip-tease burlesque est assez pitoyable pour devenir comique. Elle sort, puis revient traînant une harpe et nous étonne en jouant joliment. Son chant en revanche est un râle aussi râpeux qu’un paillasson. Sous son chapeau se cache une araignée étincelante. La troisième est une sorte de poupée blanche à la démarche mécanique. Elle est accompagnée par un cygne (à roulettes) et se sert d’un monumental arrosoir sur les fleurs en papier mâché. Grenouille démentielle, elle étire sa bouche en poussant des cris aigus.

Un spectacle qui n’est pas dénué d’intérêt mais qui manque de liant et de structure. Ces trois sketches passeraient mieux sans les longueurs des intervalles où manque un fil rouge. Audace et inventivité, oui, mais lenteurs et répétitions malhabiles. Cela dit, le décor de fleurs en papier et l’ambiance m’ont évoqué Tim Burton avec insistance et le gothique poétique du spectacle ne manque pas d’un charme exotiquement macabre. L’étrange s’est pourtant trop éloigné du merveilleux pour que le mélange soit tout à fait absorbé. Le rideau opaque qui laisse deviner les ombres est un décor arrière intéressant. Pour l’onirisme, la suggestion est un atout majeur.

