Art écologique et écoféministe § Pénélope Bagieu / charge morale

L’art est qualifié d’écologique lorsqu’il réuni certains critères comme utiliser des matériaux naturels, dépolluer ou restaurer des écosystèmes, proposer des solutions de coexistence, informer le public, etc. Il implique une éthique de la justice sociale à la fois dans son contenu, sa forme et ses matériaux. Il diffère de l’art environnemental (dont le land art est une facette) qui intervient in situ avec des matériaux naturels. (Paul Ardenne, « Un art écologique », 2018)

Paul Ardenne, « Un art écologique », 2018

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Agnès Denes, « Wheatfield », NYC 1982

“‘Wheatfield’ was a symbol, a universal concept. It represented food, energy, commerce, world trade, economics.” Agnes Denes

En 1982, l’installation *Wheatfield » d’Agnes Denes(1931) dénonce une utilisation corrompue de la terre. Il déplace le contexte traditionnel de l’agriculture pour le placer dans la ville (Battery Park, New York), rendant visible la pratique agricole à une partie de la population qui s’en est éloignée. De plus, le champ fut situé sur une décharge, un espace qui est l’opposition de terres fertiles.

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Ana Mendieta (1948-1985) travaille entre Land art et Body Art. Dès 1971 et pendant dix ans, elle réalise 104 films portant sur l’empreinte éphémère, la silhouette, les quatre éléments, le rituel. Elle utilise son propre corps comme outil artistique fusionnant avec la nature et/ou le sang comme symbole de fertilité ou de sacrifice. Ses performances s’effectuent dans l’intimité, seulement répertoriées par films et photographies. Compagne de l’artiste Carl André, elle meurt prématurément suite à une défenestration dont la cause reste pour le moins énigmatique.

« Mon art est basé sur la croyance en une énergie universelle qui traverse tout – de l’insecte à l’homme, de l’homme au spectre, du spectre à la plante, de la plante à la galaxie. » Ana Mendieta vidéos d’époque

Image titre: Ana Mendieta, « Tree of Life », 1976

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Helen Mayer et Newton Harrison, The Lagoon Cycle – 1978 (Centre Pompidou)

Helen Mayer et Newton Harrison, pionniers de l’art écologique militant, cherchent depuis les années 70 à faire passer un message par leur art (photo, peinture, sculpture, installation…), mais aussi proposent des solutions. Collaborant avec des scientifiques, des biologistes, leur travail entre dans le cadre des politiques environnementales mondiales.

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Marie Velardi, « Terre-Mer (Venezia) », 2014, crayon et aquarelle liquide sur papier, 75 x 109 cm. Gowen Contemporary, Genève

La pratique artistique de Marie Velardi (1977) aborde « les enjeux écologiques majeurs de son époque en construisant une « mémoire du futur », qu’elle considère comme aussi importante que la mémoire des événements passés. » Son projet Terre Mer cherche à rendre sensible à l’inéluctable montée des eaux. Dessinant le trait du littoral d’après photo, le pigment bleu aquarellé qu’elle dépose est celui de la terre, contrairement à notre habitude de lecture de carte géographique.

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L’écoféminisme sollicite autant les droits des femmes que la préservation de la nature. Ce mouvement fait le lien entre domination des femmes et domination de la nature, il s’engage  contre le système patriarcal/capitaliste détruisant l’environnement et oppressant les femmes.

Sur la possible position essentialiste (idée selon laquelle hommes et femmes diffèrent par essence, par nature) du mouvement écoféministe, il faut considérer (selon A.Salleh) que la réalité des femmes est, non pas le résultat d’une particularité naturelle, mais s’est construite socialement pour devenir spécifique.

Earthkeeping, Earthshaking : un article du blog de Lunettes Rouges sur une exposition de la galerie Quadrum, Lisbonne.

Qu’est-ce qu’être écoféministe de nos jours ?

Je pense que cela implique de reconnaître les pratiques violentes, destructives et celles qui relèvent de l’exploitation, qui ont été justifiées par ces visions erronées d’une supposée supériorité des hommes blancs. Il s’agit de démasquer ces visions et les systèmes qui les supportent, et d’aller au-delà de nos différences pour les entraver. Dans mon esprit, l’écoféminisme a toujours été la théorie et la mise en pratique d’un effort commun destiné à interrompre cette pensée dangereuse binaire et à augmenter la liberté et le respect. Lori Gruen, philosophe écoféministe spécialisée dans l’anthrozoologie.

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La dessinatrice de bande dessinée Pénélope Bagieu s’engage pour l’écologie, par exemple avec sa dénonciation de la pratique destructrice de la pêche profonde (à déguster ici), une sorte de leporello vertical…

…et pour le féminisme avec ses albums « Culottées-des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent ». Chacun des deux volumes est constitué de quinze portraits de femmes ayant franchi les normes imposées par le patriarcat.

Après la charge mentale qui échoit le plus souvent aux femmes au quotidien, voici la charge morale que chaque citoyen devrait supporter à propos du réchauffement climatique. Pourtant ce sont les femmes semble-t-il, qui ressentent davantage cette culpabilité devant certains choix pas tout à fait écologique, mais si pratiques… Qui s’occupe des tâches domestiques chez vous?

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