« A fleur de peau. Vienne 1900 » au MCBA-Lausanne § Vienne 1900 (documentaire)

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A chaque époque son art, à l’art sa liberté! (devise de la Sécession viennoise)

Avec cette immersion dans le modernisme viennois, le Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne offre à ses visiteurs une plongée dans les prémices de ce qu’est l’art moderne. En effet, parallèlement à la Sécession Viennoise en art (dès 1897), des frontières sont franchies aussi par les chercheurs en sciences naturelles, médecine, psychologie et philosophie. L’entrée dans le XXe siècle redéfinit la pratique artistique dans sa pulsion d’épanouissement et son rejet de l’académisme.

Distincte des grandes exposition sur Klimt ou Schiele (Fondation Vuitton, Beyeler, etc), celle du MCBA offre une vue globale sur ce tournant de l’histoire de l’art et informe sur d’autres acteurs importants passés aux oubliettes du grand public.

L’avènement d’un art total au début du XXe siècle résonne avec notre vision contemporaine, mais aussi écologique: la Nature au premier plan!

Membres de la Sécession viennoise, 1902

Choisissant le thème de la peau pour cet accrochage dans l’aile gauche, les commissaires d’exposition Catherine Lepdor et Camille Lévêque-Claudet ont optés pour une scénographie (de Carole Guinard) qui revient sur les différents aspects de ce courant artistique profondément lié au renouveau des mentalités, soulevé aussi par la philosophie de Nietzsche, la psychanalyse de Freud ou la musique atonale de Schönberg.

Palais de la Sécession à Vienne (1897), architecte Joseph Maria Olbrich

L’expression latine Ver sacrum, inscrite à gauche du Palais de Vienne (photo ci-dessus), également titre de la revue des sécessionnistes, signifie printemps sacré et fait référence à un rite antique où l’on poussait les jeunes à sortir de leur confort pour créer leur propre cité. Le mouvement viennois revendique la libération des diktats académiques que prônaient les écoles d’art et invente une nouvelle esthétique.

Salle d’entrée, expo MCBA

Rappelant le carcan de l’académisme, ce bloc central à l’entrée de l’exposition montre le costume d’amazone comprimant de l’impératrice Elisabeth d’Autriche (Sissi), ainsi qu’un buste classique de la sculptrice suisse Adèle d’Affry dite Marcello datant de 1867.

Vue de l’exposition

Le parcours de l’exposition s’organise en six sections sur le thème de la peau. Organe sensitif, la peau symbolise ici, au sens propre comme au figuré, la figure nue de la vérité, l’expression écorchée des émotions, l’immersion dans les chairs, les franchissements mystiques ou encore le centre d’un habitat sécurisant.

A gauche, oeuvres de Schönberg, à droite affiches de Kokoschka, au centre étuis de Hoffmann.

Au premier étage, où sont exposées la plupart des oeuvres picturales, sont évoqués cinq thèmes liés aux préoccupations et découvertes de l’époque et englobés par le courant artistique de la Sécession. Dont le joyau de cette exposition, la merveilleuse toile des « Poissons rouges » de Gustav Klimt, qu’il avait d’abord intitulée « A mes détracteurs »! Il faut la voir « en vrai » pour  apprécier les détails de sa composition et de sa luminosité.

Outre des oeuvres de Klimt et de Schiele, dont on a fait les « stars de la Vienne 1900 », celles d’Oskar Kokoschka, mort en Suisse en 1980, sont marquantes par leur expressionnisme débridé. Koloman Moser, peintre mais aussi designer d’objets, mobilier, vitraux et affiches,  est un immense et polyvalent créateur, même si ses talents ont été partiellement éclipsés par ses illustres contemporains. Le compositeur Arnold Schönberg exprime aussi en peinture son intérêt pour le flux des énergies.

Le deuxième étage est consacré à la réforme du cadre de vie dans les arts appliqués. Le bien-être de l’être humain moderne passe par un style d’ameublement nouveau, fonctionnel, confortable et hygiénique: des meubles allégés et des objets épurés. On y voit  entre autres le mobilier de salon créé pa Hoffmann pour Hodler et sa « Machine à s’asseoir ». Joseph Hoffmann a marqué l’histoire du Design par ses formes géométriques épurées avant même l’avènement de l’Art Déco français des années 20.

 

Parallèlement à cet évènement, à partir du 13 mars 2020, une sélection de la collection du MCBA sera exposée dans l’aile droite du bâtiment et l’espace Focus se penchera sur ses aspects peu connus. De plus, l’Espace Projet accueillera une installation de l’artiste russe Taus Makhacheva (1983). L’accès à cette partie du musée est gratuit.

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Un film de Valérie Manuel est visible sur la plateforme Youtube. D’environ 50 minutes, cette ressource en ligne divisée en 4 parties éclaire sur les conditions de créations de la Sécession composée de Gustav Klimt, Koloman Moser, Egon Schiele, Oskar Kokoshka (etc..), mais aussi sur la question de la condition de la femme et la sexualité féminine à l’aube du XXe siècle à Vienne. Une sexualité qui tend à se libérer des tabous sociaux de cette société hypocritement puritaine.

 

 

 

 

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