« Tous des oiseaux » de Wajdi Mouawad § « Avoir 20 ans en 2015 »

(c)Simon Gosselin

les 29, 30, 31 août au Théâtre de Carouge, La Cuisine. En ouverture de La Bâtie-Festival de Genève.

Avec « Tous des oiseaux », Wajdi Mouawad poursuit son travail sur la transmission et l’héritage. Il s’attache cette fois-ci à la question de l’identité et ceci au coeur du conflit israélo-palestinien. En quatre chapitres, quelques retours en arrière, de nombreux rebondissements, l’auteur édifie le parcours complexe d’une famille. Partant d’une histoire d’amour entre deux étudiants, Eitan et Wahida, le premier allemand d’origine juive et la seconde américaine d’origine arabe, « l’harmonie du hasard » ou les coïncidences de la vie vont les amener à découvrir les racines de leur être et bouleverser leur existence.

«Oiseau de beauté», «Oiseau du hasard», «Oiseau de malheur», «Oiseau amphibie».

Des quatre têtes de chapitres, le dernier mérite une explication. L’oiseau amphibie est une légende persane qui raconte l’amour d’un oiseau pour les poissons, un monde si différent qu’il pourrait le tuer. Entraîné par sa passion et au risque de sa vie, il plonge et la force de son amour lui offre des ouïes. Il devient ainsi oiseau amphibie.

Anglais, allemand, hébreu, arabe, le choc des langues est partie prenante de la pièce. Grâce à un surtitrage remarquable, il s’avère sans aucune gêne pour le public, focalisé par le déroulement de l’histoire. La scénographie (Emmanuel Clolus), composée de hauts éléments mobiles, de chaises et d’une table est simple et efficace, et ce mobilier exploité pour des transitions toute en légèreté. Par moment, une projection d’images complète le décor. Malgré des lieux très variés, la cohérence de la narration reste totalement lisible.

Les comédiens, dirigés par une mise en scène impeccable, déploient un jeu très convaincant et même infaillible. Chaque minute de ces quatre heures de spectacle est mise au profit de l’histoire qui nous tient en haleine.

Outre les thèmes primordiaux mis en avant, dont une démonstration implacable des multiples réseaux souterrains qui mènent à chaque conflit, de petite ou grande envergure, c’est donc un excellent spectacle de théâtre, à voir par tout public et qui emballera même celui de cinéma. Pour ma part, j’ai assisté à cette pièce comme on assiste à un film (peut-être un peu trop cinématographique?) et je la considère comme importante pour interroger et réfléchir sur ce qu’est l’Humanité. Un humain c’est 46 chromosomes, la douleur n’est pas génétiquement transmissible, l’éducation en revanche transporte les affects, et même les secrets finissent par être perceptibles.

« Héritier de deux peuples qui se déchirent, je ne me consolerai pas! »

§

Entre création et transmission, deux choses si importants pour Wajdi Mouawad, son projet « Avoir 20 ans en 2015 » est un acte fort qui dit l’importance et la nécessité qu’il donne au  partage.

« Avoir 20 ans en 2015 », conversation et récit en direct du metteur en scène et auteur, Directeur du Théâtre de la Colline-Paris, Wajdi MOUAWAD : moment de suspension et d’immersion dans le récit d’une pratique pédagogique intuitive et menée jusqu’au bout pendant 5 ans.

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