« Le Direktør » d’Oscar Gòmez Mata § manipulation positive

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Photo : Mehdi Benkler

Une cuisine (où l’on concocte des recettes)? Un laboratoire (où l’on expérimente des processus)? Une salle de sport (où l’on souffre pour entraîner son endurance, sa force ou sa souplesse)? Un échiquier virginal (où les pièces croient en leur liberté)? Le décor est posé.

Le patron d’une start-up embauche un comédien au chômage pour jouer son propre rôle et ne pas assumer ses décisions impopulaires. C’est le thème de cette comédie signée Lars Von Trier et adaptée par Oscar Gomez Mata, Compagnie L’ALAKRAN. Au théâtre de Vidy du 8 au 11 novembre 2017.

Le Direktør , photo © Steeve Iuncker

Mine de rien, cette pièce contemporaine virevoltante, drôle et même quelquefois hilarante, présente le monde du travail en entreprise avec causticité, ironie et pas mal de réalisme. Ravn, le créateur de cette exploitation, cache son rôle de responsable en inventant un directeur, jusque là invisible, pour éviter la critique de ses décisions impopulaires. Lorsqu’il décide de vendre son entreprise (et licencier son personnel), il engage un comédien pour jouer le rôle du directeur de tout et ainsi échapper aux griefs de ses collaborateurs. Comédien qui endosse ce rôle avec un professionnalisme engagé (dans la pièce et dans l’entreprise!).

Le parallèle entre théâtre et entreprise est bluffant. Les relations humaines (RH…) font l’objet d’une analyse aussi pertinente que burlesque. D’ailleurs les spectateurs sont inclus en tant que témoins par le jeu des comédiens qui s’adressent continuellement à eux par le regard. Est-ce le comédien, le chef d’entreprise ou le personnage qui nous interroge? Au coeur de la pièce trône la manipulation des esprits, reine de la société actuelle. Côte à côte avec le besoin d’amour et de reconnaissance de chacun.

Le Direktør © Steeve Iuncker

Personne ne souhaite être tenu pour responsable du malheur des autres, en revanche le rôle de consolateur est  admirable et entraîne forcément une meilleure estime de soi. Ce direktor est très lâche, il veut l’argent de la vente et l’amour de ses collaborateurs manipulés. Le beurre et l’argent du beurre…

Le Direktør/ L’ALAKRAN, Photo:©steeve Iuncker-gomez

C’est là qu’entrent en scène les techniques de manipulation. Une perversion qui deviendrait une règle du management?  A ne pas confondre avec le talent d’influence, face positive d’un bon chef d’entreprise. Car l’autorité n’est plus de mise dans les entreprises occidentales. L’une de ces techniques de manipulation est d’ailleurs citée dans la pièce : la pêche à la ligne. Créer une connivence? Bonimenter?

Avoir un rapport de confiance et non de soumission est la condition pour exercer une influence positive. Ne sommes-nous pas tous plus ou moins manipulateurs lorsque nous voulons arriver à nos fins? Pour développer : Lire manipulation bienveillante ou encore influencer sans manipuler

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